Pour la petite histoire on se sent pour le coup vraiment au Chiapas. A l'entrée du site il y a le guichet EZLN (armée zapatiste, mais oui vous savez Marcos) et ensuite le guichet officiel. J'imagine que c'est arrivé a la suite d'accords, si Agua Azul doit faire de l'argent, ca en fera aussi au EZLN. D'ailleurs a l'interieur du site les commercants te parlent en espagnol, mais entre eux ils parlent leur langue. Il y a des gamines qui veulent te vendre des trucs, et si tu leur donnes l'argent mais que tu recuperes pas ilico ta marchandise, elles se barrent tranquilles, d'ailleurs c'est dix pesos les deux beignets mais si finalement tu veux payer plus, libre à toi.
Si tu avances un peu plus en amont, tu rencontres un garde champêtre qui te dit que le site du haut ferme à 16 heures, tu comprends pas bien pourquoi et deux minutes après une famille de locaux qui arrive et qui se pose exactement où tu es sans rien te dire, juste pour te faire comprendre que t'as plus rien à faire là.
J'avais jamais eu cette impression de faire du tourisme casse-couilles, tu sens que t'emmerdes les gens et je peux le comprendre t'es sur leur territoire qui il y a probablement 20 ans n'etait pas innondé de touristes. Ils t'acceptent le temps que tu leur files ton argent, et c'est normal aussi, le tourisme ca a jamais été autre chose. T'as le droit de voir mais pas trop longtemps. C'est comme si le gouvernement avais ouvert un parc d'attraction chez quelqu'un, forcément il y a un moment où ils te font comprendre qu'ils ont envie d'être tranquilles. Et un enfant avec un regard peut te dire "dégage !" c'est énorme. C'est de la politique à l'etat pur. Défense d'un terriroire, accords et cohabitation. J'imagine que tous les jours à 16 heures ils viennent s'assurer que plus personne occupe la zone qui est la leur. Puis t'es renvoyé a ce que t'es dans cet espace, un porte feuille occidentale. Et la question te prend au diaphragme quand t'es dans cette situation. C'est des intégristes, ou c'est la Société qui est prostituée ?
Je laisserai répondre une touriste française, décidément j'adore mes homologues français à l'étranger, je les sens à trois kilomètres, je les entends parce qu'ils râlent tout le temps, parce qu'ils se plaignent, parce qu'ils ont ce truc hautain dans la manière d'aborder les gens, les restos, les magasins, un touriste français qui va passer deux semaines à dire que tout est de la merde et en rentrant en France dira "C'é-tait gé-nial!"... je suis surement pareil, je suis français, mais comme on dit son gros pet qui pue sentira toujours moins mauvais que le petit pet de l'autre...
bref la touriste française à Agua Azul qui dit à sa collègue :
"Décidément on peut plus être tranquille nulle part!"
J'imagine qu'elle avait appris la langue des indigènes du Chiapas et qu'elle se faisait porte-parole de leur cause.
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